Le blog de la Gauche du Réel à Maisons-Alfort

17 mai 2012

Le nouveau gouvernement de François Hollande

http://tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120516.OBS5721/la-composition-du-gouvernement-de-jean-marc-ayrault.html

Voici la composition du gouvernement de Jean-Marc Ayrault :

 Laurent Fabius : Affaires étrangères

Manuel Valls : Intérieur

Vincent Peillon : Education nationale

Chritiane Taubira : Justice, garde des sceaux

Pierre Moscovici : Economie, Finances, commerce extérieur

Jean-Yves Le Drian : Défense

Marisol Touraine : Affaires sociales, Santé

Arnaud Montebourg : Redressement productif

Marylise Lebranchu : Réforme de l'Etat, décentralisation et de la fonction publique

Frédéric Cuviller : Transport et Economie

Michel Sapin : Travail, Emploi et dialogue social

Stéphane Le Foll : Agriculture

Geneviève Fioraso : Enseignement supérieur et Recherche

Aurélie Filippetti : Culture et Communication

Nicole Bricq : Ecologie

Cécile Duflot : Egalité des territoires et du Logement

Victorin Lurel : Outremer

Valérie Fourneyron : Sports

Najat Vallaud-Belkacem : Droits des femmes et porte-parole du gouvernement

Jérôme Cahuzac : ministre délégué au Budget

Pascal Canfin : ministre délégué au Développement

Alain Vidalies : ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement

George Pau-Langevin : ministre déléguée à la réussite éducative

Sylvia Pinel : ministre déléguée chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme

Michèle Delaunay : ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de la dépendance

Marie-Arlette Carlotti : ministre déléguée chargée des Personnes handicapées

Dominique Bertinotti : ministre déléguée chargée de la Famille

François Lamy : ministre délégué chargé de la ville

Delphine Batho : ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux

Benoît Hamon : ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire

Bernard Cazeneuve : ministre délégué chargé des Affaires européennes

Fleur Pellerin : ministre déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Economie numérique

Yamina Benguigui : ministre déléguée chargée des Français de l'étranger

Kader Arif : ministre délégué chargé des Anciens combattants

J'aime tout particulièrement Najat Vallaud Belkacem, nommée ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Pierre Moscovici  et Manuel Vals. Je salue aussi Christiane Taubira et Aurélie Filipetti, ainsi que George Pau-Langevin, nommée à un poste clé pour le programme de François Hollande.

Bravo pour ce gouvernement qui respecte bien la parité et la diversité, y celle compris des âges !

Souhaitons leur à tous bonne chance, et bon courage, eux qui n'en manquent pas !

Et maintenant, il faut se remettre dans le bain des législatives !

Martine, qui reste à la tête du PS, conduira le PS à une nouvelle victoire !!!

 

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15 mai 2012

Cérémonie d'investiture de François Hollande

<iframe frameborder="0" width="480" height="270" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xqu850_passation-de-pouvoir-en-direct_news"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xqu850_passation-de-pouvoir-en-direct_news" target="_blank">PASSATION DE POUVOIR EN DIRECT</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/elysee" target="_blank">elysee</a></i>

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14 mai 2012

Le programme de début de mandat de F. Hollande

http://francoishollande.fr/actualites/du-6-mai-2012-au-29-juin-2012-fin-de-la-session-ordinaire-du-parlement/

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11 mai 2012

Biographie de F. Hollande

http://francoishollande.fr/biographie/

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10 mai 2012

quand la droite avait tous les pouvoirs...

Quand la droite avait tous les pouvoirs

«Ce serait inédit en France que tous les pouvoirs, tous les pouvoirs, soient aux mains d’un seul parti, en l’occurrence les socialistes.»

Nathalie Kosciusko-Morizet, lundi, sur Europe 1

NKM IntoxGauche partout, droite nulle part? C'est la grande peur agitée par la majorité sortante à l'approche des législatives : si la gauche remportait la majorité à l'Assemblée en juin, elle concentrerait tous les pouvoirs ce qui serait du « jamais vu ». Mercredi matin, Canal+ demandait à  Xavier Bertrand: «Faut-il une cohabitation ?» «Je ne suis pas la seul à penser que oui, répond alors le ministre du Travail sortant. Les Français ne veulent pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier. [..] Les Français voient bien que pour la première fois depuis le Second empire, la gauche, le Parti socialiste, aurait tous les pouvoirs en France. [...] Ce serait du jamais vu. Les Français aiment bien l'équilibre et moi je demande qu'il y ait un vote d'équilibre.» Lundi sur Europe 1, Nadine Morano faisait la liste : «Vous vous rendez compte que la gauche, aujourd’hui, va détenir tous les pouvoirs : le Sénat, la quasi-totalité des régions, la grande majorité des départements, la grande majorité des grandes villes de France. Il faut, évidemment, dans une démocratie, un contre-pouvoir démocratique.» Et Nathalie Kosciusko-Morizet lundi, sur la même antenne, résumait  : «La France, c’est un pays d’équilibre. […] Il y a matière à rééquilibrer à l’occasion des élections législatives. […] Ce serait inédit en France que tous les pouvoirs, tous les pouvoirs, soient aux mains d’un seul parti, en l’occurrence les socialistes.»

DesintoxXavier Bertrand a au moins raison dans sa formulation: la gauche qui aurait  tous les pouvoirs en France ce serait effectivement une première. Jusqu'à l'automne dernier, la gauche n'a jamais eu la majorité au Sénat (sauf si on compte la présidence du radical socialiste Gaston Monnerville mais  l'Assemblée et la présidence étaient alors à droite). Mais depuis que la gauche a accédé aux plus hautes fonctions (en 1981),  le Sénat (au moins) avait toujours été à majorité de droite ou de centre-droit.

Il est vrai que depuis l'automne 2011, outre le Sénat, toutes les régions métropolitaines (sauf l'Alsace), la majorité des départements (61 sur 100) et plusieurs grandes villes (Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Nantes) sont à gauche (nos confrères du monde.fr ont fait un recensement détaillée ici). Mais une situation de domination totale d'un camp ne serait pas une première. Sans remonter au XIXe siècle, ni à 1974, la droite s'est elle aussi déjà trouvée dans une situation de contrôler « tous les pouvoirs » énumérés par Nadine Morano. C'était il y a moins de vingt ans.

 En mai 1995, Jacques Chirac succède à l'Elysée à François Mitterrand. L'Assemblée nationale a elle déjà basculé à droite, et pas qu'un peu : la chambre élue en 1993 est la plus à droite de l'histoire de la Ve (RPR,  UDF et divers droite dépassent 480 députés sur 577). Le Sénat, lui, est donc toujours à droite (alors présidé par le centriste René Monory).

Au niveau local aussi la droite domine aussi largement. Aux  régionales de 1992, seules deux régions  (le Limousin et le Nord Pas-de-Calais) lui ont échappé. Même règne sur les départements : les cantonales de 1994 ont été marquées par une stabilité... en faveur de la droite qui préside 75 conseils généraux contre 20 à la gauche. Il n'y guère que sur les grandes villes qu'on pourrait encore trouver un semblant d'équilibre, et encore : la droite ou le centre-droit dirigent Paris, Lyon,  Nice, Toulouse, Bordeaux, la gauche Lille et Nantes. Et la principale  mairie d'une très grande ville qui bascule aux municipales de juin 1995 est Marseille, qui passe de gauche à droite...

La droite ne profitera de cette domination que deux ans : jusqu'à la dissolution de 1997 et à la victoire de la gauche plurielle aux législatives qui suivent. Et les élections locales de 1998 (régionales et cantonales) verront un progrès de la gauche qui gagne plusieurs régions (elle en a huit en tout) et une dizaine de départements. Mais après la présidentielle de 2002, la réélection de Chirac et d'une majorité de droite à l'Assemblée la droite retrouve à nouveau une majorité des lieux de pouvoirs jusqu'à 2004. Où la gauche fait un quasi grand chelem sur les régionales...

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Proclamation des résultats par le conseil constitutionnel

Le Conseil Constitutionnel a proclamé les résultats du scrutin du 6 mai dernier.

Il l'a fait le 10 mai, tout un symbole, - 31 ans après l'élection de F. Mitterrand !!

Ont ainsi été annulés - comme de coutume - quelques scrutins de communes qui avaient commis des irrégularités (notamment en Polynésie française,qui avait donné une immense majorité à N.Sarkozy), mais évidemment les résultats globaux ne sont pas changés !

 

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2012/proclamation-presidentielle-2012/decision-proclamation-presidentielle-2012-du-10-mai-2012.105664.html

(Extraits)

- SUR L'ENSEMBLE DES RÉSULTATS DU SCRUTIN :                
               
                7. Considérant que les résultats du second tour pour l'élection du Président de la République, auquel il a été procédé les 5 et 6 mai 2012, sont les suivants :                
               
                Électeurs inscrits : 46 066 307                
                Votants : 37 016 309                
                Suffrages exprimés : 34 861 353                
                Majorité absolue : 17 430 677                
               
                Ont obtenu :                
               
                M. François HOLLANDE : 18 000 668                
                M. Nicolas SARKOZY : 16 860 685                
               
                Qu'ainsi, M. François HOLLANDE a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés requise pour être proclamé élu ;                
               
                En conséquence,                 
                
    P R O C L A M E                
               
                M. François HOLLANDE Président de la République française à compter de la cessation des fonctions de M. Nicolas SARKOZY, laquelle, en vertu de l'article 6 de la  Constitution, aura lieu, au plus tard, le 15 mai 2012 à 24 heures.                 
                
                ça fait du bien de lire ça !

 

 

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La victoire des idées progressistes

Avec François Hollande, la victoire des idées progressistes (Terranova, le 09/05/2012)

Ce dimanche 6 mai, François Hollande a gagné l'élection présidentielle. C’est un évènement historique.  La gauche n’avait donné qu’un seul président à la Vème République. Sa  dernière victoire remontait à 1988. Avant le 6 mai, il fallait avoir 42  ans au moins pour avoir pu voter pour un président de gauche. Plus de la  moitié des électeurs de 2012 le vivent pour la première fois. C'est une victoire pour tous les progressistes  qui se sont retrouvés dans le message que François Hollande a incarné  pendant cette campagne. Un message portant haut les valeurs qui font  l'identité de la France, affirmant les exigences de justice, d'égalité  et d’humanisme qui seront essentielles pour répondre à la crise, et dans  lequel Terra Nova a pu largement se retrouver.

Cette victoire vient de loin.

C'est  d'abord le parcours d'un homme, et sa rencontre avec une volonté de  changement que les Français expriment depuis de nombreux mois.

C'est  aussi l'histoire de la gauche qui, depuis sa dernière défaite en 2007, a  su se reconstruire, pour être en mesure de porter une nouvelle  espérance.

C’est  enfin l’histoire de la France, qui n’a pas accepté les dérives  anti-humanistes portées par le président sortant et son gouvernement, et  rappelle par son vote son attachement aux valeurs de la République.
 
Terra Nova est fière d’avoir contribué à cette victoire. Nous avons contribué à la démocratisation de la politique française avec les primaires citoyennes.  Pour la première fois, en 2011, la gauche a confié aux citoyens  sympathisants le soin de désigner son leader à l'élection  présidentielle. Promues par Terra Nova dès 2008, défendues avec Arnaud  Montebourg au sein du parti socialiste, les primaires ont constitué la  "principale innovation institutionnelle depuis l'élection du président  de la République au suffrage universel". En mobilisant plus de trois  millions de Français, elles ont donné à son vainqueur une dynamique  politique et une légitimité démocratique qui lui ont permis d’entrer  dans les meilleures conditions dans la campagne présidentielle.
 
Nous  avons également participé à la modernisation de la politique, en  acclimatant dans la culture politique française les nouvelles techniques  de campagne électorales déployées par Barack Obama dans sa campagne de  2008, conjuguant structuration de l’activisme militant par  internet et déploiement massif du porte-à-porte sur le terrain. Avec  cinq millions de portes ouvertes par les militants de François Hollande,  la campagne présidentielle devient, pour la première fois, une campagne  de proximité, rapprochant ainsi la politique au plus près des citoyens.

Enfin,  Terra Nova a pris sa part, avec toute la société intellectuelle  progressiste, au renouvellement des grilles de lecture et des  propositions de la gauche. Nous avons souligné le besoin de  justice au sein de la République française. Nous avons insisté sur les  inégalités croissantes que la société fait peser sur ses jeunes  générations. La jeunesse, cheval de bataille de Terra Nova depuis sa  création en 2008, est ainsi passée au cœur du projet du candidat  socialiste. Nous avons également mis en avant des solutions contre les  inégalités territoriales et les discriminations qui minent notre  société. Elles ont été portées, notamment, dans l'appel "France  métissée" de Respect Mag et Terra Nova, et certaines, tels les emplois  francs, se retrouvent dans le programme de François Hollande. Face aux  inégalités sociales, aussi, Terra Nova a fait des propositions fortes  sur les hautes rémunérations.

 
Terra  Nova a également travaillé sur la restauration de la compétitivité de  la France. Nous avons insisté sur la nécessité de reconstituer la  capacité d’innovation du pays à travers une stratégie d’investissement  dans l'outil productif français. Cette stratégie doit être menée en  parallèle d'une politique rigoureuse d’assainissement  budgétaire afin  de désendetter le pays. Terra Nova a aussi insisté sur la préparation de  notre avenir énergétique, mettant en avant la maîtrise de la demande,  sans laquelle toute réflexion sur l'équilibre du mix est inopérante.

Pendant quatre ans, la communauté de Terra Nova, forte d’un millier d’experts, s’est mobilisée pour préparer le changement.  Personnalités d'expérience et nouvelles générations, intellectuels et  politiques, hauts fonctionnaires et responsables associatifs,  d'entreprise ou syndicaux, auront pu se rencontrer et se retrouver à  Terra Nova, au quotidien, pour œuvrer ensemble à élaborer des solutions  politiques nouvelles. Nombreuses sont les personnalités qui, en son  sein, vont participer aux responsabilités publiques. Elles vont passer  de la réflexion à l’action, de l’élaboration à la mise en œuvre.

Le changement, c’est, désormais, maintenant.  Une tâche difficile attend le nouveau gouvernement et la nouvelle  administration qui se mettent en place. Ils trouveront en Terra Nova un  partenaire susceptible de contribuer, dans le cadre intellectuel qui est  le sien, et dans le respect de son indépendance institutionnelle, à la  modernisation des politiques publiques et au redressement du pays.

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Donnez une majorité au changement !

Les 10 et 17 juin, donnez une majorité au changement !

      «Je veux vous demander de ne pas vous démobiliser, il y a encore beaucoup à faire dans les mois qui viennent et    d'abord donner une majorité au président de la République» a exhorté François Hollande à la Bastille le 6 mai 2012.

«Le changement que je vous propose doit être à la hauteur de la France. Il commence maintenant» a déclaré François Hollande à Tulle. Les Français viennent de choisir le changement, il s'agit maintenant de lui donner une majorité pour le mettre en oeuvre ! Les 10 et 17 juin 2012 se tiennent les élections législatives, donnez au président de la République la majorité dont il a besoin pour mettre en œuvre son projet.

 

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Liste des candidats socialistes aux législatives en France

http://www.parti-socialiste.fr/articles/les-candidats-socialistes-aux-legislatives

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09 mai 2012

Comprendre le " Hollandisme "

Europe, rassemblement, jeunesse : un abécédaire du "hollandisme"

LE MONDE |08.05.2012 Par Françoise Fressoz

Expérience de la rigueur dans les années 1980, proximité avec Jacques Delors dans les années 1990, premier secrétariat du PS, traumatisme du 21 avril 2002 : de toutes ces expériences, le président élu a tiré des conclusions qui ont forgé son projet.
  • Aboutissement

Une façon de revendiquer sa cohérence et de refuser la forme de rupture qu'avait incarnée en 2007 Ségolène Royal. Lui a toujours inscrit son parcours dans la fidélité aux anciens, tançant ses camarades qui, au lendemain des trois défaites présidentielles de 1995, 2002 et 2007, se demandaient s'il ne fallait pas être plus à gauche ou plus à droite.

"Je revendique la continuité comme condition de crédibilité, et je regrette la culture d'autodénigrement que pratiquent nombre de socialistes à l'égard de leur parti", n'a-t-il cessé d'affirmer.

  • Chef

Sa "présidence normale" ne signifie pas une présidence effacée : "Les Français veulent un président actif, engagé, occupant pleinement sa fonction exécutive", estime-t-il. Ce qu'il condamne en revanche, c'est l'omniprésident "maître de tout, seul en scène, acteur unique de la France" et finalement "condamné à l'impuissance". Il se voit comme "le premier des citoyens" plutôt que comme "un chef de régiment".

  • Clivage

Affirmer le clivage gauche-droite, c'est lutter contre "l'indifférenciation, l'absence de repères" qu'il a vu poindre au lendemain du 21 avril 2002. De nouveau, au moment de la crise financière de 2008, il a redouté "le brouillard idéologique" lorsqu'il a vu Nicolas Sarkozy réhabiliter l'Etat à coup de milliards d'euros.

  • Contrat

C'est le fondement du "hollandisme" : l'Etat fixe des objectifs, puis contractualise avec les entreprises, les syndicats, les collectivités locales. Une forme d'hommage à Jacques Delors.

  • Cramponner

La Corrèze, terre chiraquienne dans laquelle il a débarqué en 1981 et à laquelle il s'est "cramponné" malgré les difficultés pour finalement la conquérir et en faire une terre hollandaise. Il a beau refuser qu'on la voie comme un laboratoire, il s'en est habilement servi pendant toute la campagne pour cultiver les vertus rassembleuses du "père" (Henri) Queuille, auquel aimait aussi à se référer Jacques Chirac.

  • Décentralisation

L'une des conditions pour "réussir le changement" : il veut donner l'autonomie fiscale aux collectivités locales et, en contrepartie, obtenir d'elles une gestion rigoureuse. La réforme de l'Etat dépend en grande partie de la réussite de "ce contrat".

  • Démocratie sociale

François Hollande veut faire des syndicats de salariés les acteurs du changement. Il a promis de redéfinir le rôle respectif du contrat et de la loi, et de leur garantir une autonomie normative dans la Constitution. Mais il ne s'appesantit pas sur leur faiblesse, qui est réelle, notamment dans le secteur privé.

  • Electorat populaire

Il a pris conscience du décrochage des catégories populaires après le 21 avril 2002. A l'époque, il pense que la gauche a négligé la valorisation du travail. Sept ans plus tard, il lie leur désenchantement à "l'incapacité de faire vivre un idéal européen". S'il récuse fermement "la tentation protectionniste" et "la surenchère sociale", il reste flou sur la façon de leur rendre espoir.

  • Etat

Il le veut "stratège, impartial, au service des Français", plaide "pour une rénovation profonde des instruments de l'action collective", mais n'en dit pas plus. Frustrant.

  • Europe

De sa proximité avec Jacques Delors dans les années 1990, jusqu'à sa volonté d'engager le Parti socialiste derrière le traité constitutionnel européen en 2005, tout le parcours de François Hollande est un engagement en faveur de l'Europe. "C'est la grande affaire du siècle qui vient", affirme-t-il en 2009.

En même temps, il constate que "les gauches portent des objectifs pour l'Europe que sa taille, son organisation et son budget n'autorisent plus", et se dit de plus en plus inquiet d'une "dérive populiste".

  • Extrême gauche

Contrairement à Lionel Jospin, il n'a jamais eu de proximité avec l'extrême gauche ni d'indulgence pour elle. "Les socialistes n'ont pas à courir derrière elle. Ils ne recevront rien en retour, pas même de la considération", prévient-il.

  • Gouverner

En mars 1983, alors tout jeune énarque, il est, aux côtés de Max Gallo, porte-parole du gouvernement, pour tenter de faire passer dans l'opinion le tournant de la rigueur. Mission impossible. Il en tire la conclusion que tout aurait été beaucoup plus simple si, au lieu de considérer ce tournant comme "une parenthèse", les socialistes l'avaient assumé comme un changement nécessaire. De cette expérience douloureuse découle son choix assumé pour le réformisme et l'idée qu'il faut cesser l'hiatus entre gauche de gouvernement et gauche d'opposition.

  • Gouverner (durablement)

Il se souvient du traumatisme de 2002 : Lionel Jospin avait eu le sentiment d'avoir obtenu des résultats en termes de croissance et d'emploi, et pourtant, il ne figurait pas au second tour de l'élection présidentielle.

Leçon comprise : gouverner durablement suppose non seulement de "hiérarchiser les choix et de dire la vérité sur les marges de manœuvre", comme le faisait Lionel Jospin, mais aussi de vérifier régulièrement, en cours de mandature, que le contrat passé avec les Français reste valable.

  • Idées

Pour lui, il n'y a pas de conquête politique durable sans victoire idéologique préalable. Nicolas Sarkozy avait remporté la partie en 2007. Cette fois, il veut croire que c'est son tour. Il estime que la crise économique a ouvert un nouveau cycle où tout doit être revisité : "Le pilotage de la politique économique, la place des services publics, le contrôle des banques, la hiérarchie des rémunérations, l'organisation du travail, les modes de production et de consommation." Après le triomphe de "l'argent roi", il table sur "un retour de l'intérêt général et la sobriété des comportements".

  • Impôt

Auteur, en 1990, d'un rapport parlementaire sur la fiscalité du patrimoine, François Hollande a toujours assumé son goût pour l'impôt. "Je suis convaincu qu'il faut assumer la confrontation avec la droite sur l'enjeu fiscal. Il révèle deux conceptions de la société, oblige à la responsabilité", écrivait-il en 2009.

Il n'hésite pas à se démarquer à la fois de Laurent Fabius, qui avait engagé à Bercy une politique de baisse des impôts, y compris en faveur des plus hauts revenus, et de Ségolène Royal qui, en 2007, n'avait pas voulu mettre l'accent sur l'impôt de peur d'effaroucher les classes moyennes.

  • Jeunesse

Il juge depuis longtemps qu'elle est la "grande sacrifiée de la société française" et que ses difficultés sapent l'idée de progrès. Il fait sien le credo de Pierre Mendès France, qui jugeait que "le plus rentable des investissements est celui que nous consacrons aux écoles".

  • Justice

Ce sera le fil rouge de son quinquennat car il sait que les réformes difficiles ne seront acceptées que si elles paraissent justes.

  • Raison

Il la revendique comme antidote à "l'hystérie et aux peurs" agitées par la droite. Il s'en sert aussi pour recadrer la gauche radicale : "L'enjeu n'est pas simplement de gagner magnifiquement, mais de gouverner durablement."

  • Rassemblement

François Hollande l'assure : "Les socialistes ne dirigeront pas seuls le pays." Ses alliés naturels sont les radicaux de gauche, les écologistes et les communistes, mais l'idée d'une coalition plus large ne l'effraie pas, à condition que les termes du contrat soient clairs.

  • Vérité

"La dire, estime François Hollande, ce n'est pas un reniement, une prudence, une tiédeur, ce n'est pas l'abandon de l'utopie. Au contraire, c'est la marche politique qui permet d'être conforme à l'idéal." Mais la dit-il toujours ?

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